
Car depuis la mi-juillet, il semblait que rien ne pourrait enrayer la dégringolade du prix du pétrole, pas même les tensions géostratégiques. Le prix du brut avait chuté de 23 % en moins de six semaines, passant de 147 à 112 dollars par baril. Il semblait que même la survenue des combats dans le Caucase ou l'annonce d'un possible attentat contre le principal oléoduc qui traverse la Géorgie ne pourrait arrêter ce mouvement de repli. Mais finalement, ce sont les inquiétudes qui se font jour quant aux conséquences de ce conflit qui ont fait rebondir le prix du pétrole, de 8 %.
La prudence est cependant de mise : ce rebond est récent et, au moment où des négociants font état d'une rupture d'approvisionnement de l'Arabie saoudite, il pourrait être technique.
D'ailleurs, trois raisons donnent à penser qu'il est trop tôt pour une vive baisse du prix du brut. Premièrement, la demande est forte. Malgré le prix élevé et le ralentissement de la croissance mondiale, l'Agence internationale de l'énergie prévoit une augmentation de 1,1 % de la consommation pour 2008.
Deuxièmement, les détenteurs de la ressource ajustent leur production. Et les Saoudiens, maîtres de la fluctuation, comptent bien défendre un prix du baril à trois chiffres. Enfin, l'économie mondiale peut supporter des prix élevés. Les taux d'intérêt réels sont négatifs presque partout. La croissance - et non la lutte contre l'inflation - est la priorité des pays émergents.
De fait, le prix du pétrole ne reviendra sur les 50-70 dollars le baril - sous son coût de production - que si les tensions monétaires sont plus fortes et le marasme économique plus prononcé.